Western

Un article de LexiqueCinema.

Le western est un genre cinématographique spécifique du cinéma américain, même si d'autres pays ont produit et réalisé des westerns : Liberté et individualisme symbolisent en effet, le vieil Ouest mythique (Nicole Gotteri). Né quasiment avec le cinéma, le western peut sembler appartenir aujourd’hui au passé. En effet, depuis les années 1970, son déclin a été continu et irréversible. Néanmoins, on réalise toujours des westerns bien que peu nombreux et la télévision a repris le flambeau : le succès de la série Deadwood illustre bien ce phénomène.


Sommaire

Un bref historique

The Great Train robbery (1903) d'Edwin S. Porter tient lieu traditionnellement d’acte de naissance du western. Son extraordinaire succès va entraîner la multiplication de westerns dans les années suivantes. Dès 1908, une compagnie, la Selig quitte la côte Est pour s’installer en Californie et se consacrer au western : elle embauche Tom Mix qui devait être la première vedette du genre. En 1909, la Biograph arrive à son tour en Californie et le réalisateur D.W. Griffith devait donner ses lettres de noblesse au western en réalisant des films à grand spectacle où se déploient des centaines de cavaliers comme dans Massacre (1912), mais la plupart des innombrables westerns tournés dans ces premières années de ce qui va devenir Hollywood sont des petites bandes à l’intrigue des plus rudimentaires. Universal Pictures Corporation, où débute John Ford, va d’ailleurs se spécialiser dans le western de série tandis que la Paramount se voue au western de prestige dont le très réputé en son temps The Covered Wagon (La Caravane vers l’Ouest, 1922, J. Cruze). La Fox, à son tour, se lance dans le super-western avec The Iron Horse (Le cheval de fer, 1924), le premier grand film de John Ford et qui établit définitivement sa réputation de réalisateur.

Les débuts du parlant changent la donne : The Big Trail (La piste des Géants, Raoul Walsh) qui donne son premier grand rôle à John Wayne est un échec commercial qui met fin à l’époque du super-western et paraît enterrer un genre jugé obsolète. Avec le parlant, les dialogues prennent le pas sur l’action.

Le western se cantonna soit au western de série (John Wayne enchaînait dans ces tristes années les tournages de série Z), soit au serial, dans la tradition du cinéma muet, avec ses bandes de 12 à 15 épisodes réalisés à la chaîne, soit fut abandonné aux cow-boys chantants, Gene Autry et Roy Rogers, abonnés aux médiocres productions de Republic Pictures.

Quelques productions plus ambitieuses annoncèrent un renouveau à la fin des années 1930 : Buffalo Bill (1936) et Pacific Express (1939) de Cecil B. de Mille, Jesse James (1938) de Henry King, Dodge City (1939) de Michael Curtiz et surtout Stagecoach (La Chevauchée fantastique, 1939) de John Ford qui relance la carrière de John Wayne.

Entre 1940 et 1950, le western connaît un nouvel âge d’or. Si les petites productions fauchées ou chantantes continuent leur fructueuse carrière commerciale, de nombreux westerns de série B témoignent d’une grande inventivité, notamment quand ils sont réalisés par Raoul Walsh ou Ray Enright. Des oeuvres plus ambitieuses sont confiées à William Wyler, William Wellman, Fritz Lang, King Vidor, Howard Hawks mais les plus grands westerns de ses années là sont ceux de John Ford, à l’apogée de son talent avec My Darling Clementine (La Poursuite infernale, 1946) et la trilogie de la cavalerie (Fort Apache, She wore a yellow ribbon, Rio Grande, 1947-1950).

Le développement de la télévision dans les années 1950 allait être fatal à la production de série Z. En revanche la série B connaissait son apogée avec ses solides spécialistes (Budd Boetticher, George Marshall, Gordon Douglas), le toujours aussi talentueux Raoul Walsh et les incursions de cinéastes venus d’autres horizons : André de Toth, Henry Hathaway ou Otto Preminger.

Deux réalisateurs surtout s’imposent comme des maîtres du genre : Anthony Mann par la beauté toute classique de sa mise en scène fidèle à la tradition et Delmer Daves soucieux d’une approche quasi-documentaire. Howard Hawks réalise aussi à cette époque ses deux westerns les plus célèbres, The Big Sky (La Captive aux yeux clairs, 1952) et surtout Rio Bravo (1958). Aux côtés des produits à la mode d’un John Sturges, le désenchantement transparaît déjà dans La Cible humaine (1950) de Henry King et Au-delà du Missouri (1951) de William Wellman et se fait plus précise dans le dernier grand western de John Ford, The Searchers (La prisonnière du désert, 1956). Samuel Fuller et Robert Aldrich apportent un ton nouveau dans le western, violence baroque chez l’un, lucidité et cynisme chez l’autre.

La remise en question des mythes de l’Ouest s’accélère dans les années 60 avec Coups de feu dans la Sierra (1962) de Sam Peckinpah ou l’Homme qui tua Liberty Valance () et Cheyen Autumn (1964) de John Ford, autant de témoignages des remises en question qui secouent les Etats-Unis empêtrés dans la guerre du Viet-Nam. Sous l’influence du western italien, les films américains deviennent de plus en plus violents et grotesques. Raoul Walsh, John Ford et Howard Hawks tournent leurs derniers westerns. Little Big Man (1971) d’Arthur Penn marque une date importante dans la désagrégation du genre qui agonise peu à peu dans les années qui suivent et paraît trouver son terme avec l’échec de Heaven’s Gate (La Porte du Paradis, 1980) de Michael Cimino. Depuis les années 1980, le western est un genre définitivement abandonné par les studios en dépit de quelques réussites isolées dues notamment à Clint Eastwood et Kevin Costner.


Les grands acteurs du western

  • Gary Cooper : s’il trouve son premier grand rôle dès 1926, ce très grand et très beau comédien devait surtout s’illustrer dans le genre après 1939.
  • James Stewart : sa longue silhouette gauche passe de façon étonnante des comédies de Franck Capra à l’univers du western. Il débute d’ailleurs dans une comédie westernienne mais ses meilleures contributions au genre sont constitués par les six films tournés avec Anthony Mann.
  • Randolph Scott : héros taciturne d’un grand nombre de westerns de série B, dont il a été parfois le producteur, il perpétue l’image du cow-boy dessiné par William S. Hart à l’époque du muet.
  • John Wayne : acteur mythique du western, il a tourné quelques-uns des plus grands films du genre sous la direction notamment de John Ford et d’Howard Hawks.
  • Clint Eastwood : sa carrière correspond paradoxalement à la lente agonie d’un genre auquel il a contribué par sa carrière italienne. Réalisateur et acteur de films très personnels, il est le dernier à avoir pratiqué régulièrement le genre dans les trois dernières décennies du siècle dernier.


Un héros individualiste

Le western exalte la construction d’un pays neuf tourné vers l’avenir où tout est possible, par opposition à l’Europe prisonnière de son histoire, de sa société figée et de ses préjugés. L’homme de l’ouest est un homme libre, un individualiste, rebelle à toute espèce de joug et décidé à rejeter les contraintes de la civilisation. Le westerner n’est pas un beau parleur mais un homme d’action.

Historiquement, il prend d’abord la forme du coureur des bois, du trappeur, qui connaît bien les Indiens (Zeb dans The Big Sky, la Captive aux yeux clairs de Howard Hawks) et qui épouse parfois une indienne (Au-delà du Missouri, W. Wellman). Dans l’Homme du Kentucky (The Kentuckian, Burt Lancaster, 1955), Burt Lancaster incarne Eli qui, errant avec son jeune fils, est farouchement attaché à son indépendance et n’est guère apprécié dans les petites villes qu’il traverse. Fuyant la civilisation, le chasseur contribue cependant à sa progression toujours plus loin à l’Ouest et, ami des Indiens, il participe à leur extermination : Buffalo Bill (William Wellman, 1944)

Les barons du bétail constituent un second âge à l’image beaucoup plus ambiguë tel Dunson (John Wayne) dans la Rivière rouge (Red River, Howard Hawks, 1948), qui bâtit un vaste domaine au Texas, ou Donald Crisp (Alec Waggemann) dans L’Homme de la Plaine (The Man from Laramie, Anthony Mann, 1956) mais il s’agit parfois de baronne (Quarante Tueurs, Samuel Fuller, 1957). Ils pratiquent un élevage extensif dans de vastes étendues libres où les troupeaux sont surveillés ou conduits par les cow-boys. Le garçon vacher, homme libre par excellence, est d’ailleurs devenu le personnage central du western : certains films décrivent parfois de façon quasi documentaire leur travail (Red River ou Cow Boy, Delmer Daves, 1958). Le message de ce dernier film est éloquent : chacun est totalement responsable de ses actes et doit en assumer les conséquences, qui peuvent être mortelles.

Les grands éleveurs vont souvent se heurter aux fermiers, arrivant dans le cadre de convois de caravanes : cultures et élevage, petite propriété et grande exploitation s’opposent et s’excluent mutuellement. La violence ne tarde pas à se manifester, Shane (L’Homme des vallées perdues, G. Stevens, 1953) en offre un bon exemple. Le western prend toujours parti pour les petits fermiers contre les gros éleveurs qui s’efforcent d’accaparer l’espace à leur seul bénéfice et s’opposent au mouvement continu qui caractérise la société américaine. Le maître de la prairie s’oppose en vain aux nouveaux venus qui, eux aussi, viennent réaliser leur rêve d’indépendance. La défaite des grands éleveurs marque aussi la fin de la loi de l’Ouest au profit de l’ordre légal venu de l’Est.


La loi de l’Ouest

Le rapport à la loi n’est pas simple dans les westerns. Individualistes par nature, mais solidaires par nécessité, les pionniers forment déjà une sorte de communauté ambulante qui a ses lois non écrites pour la défense de ses intérêts vitaux (Nicole Gotteri).

Notons le grand nombre d’œuvres qui reposent sur le thème de la vengeance : c’est, par exemple, le schéma de tous les westerns d’Anthony Mann avec James Stewart. D’autre part, l’homme de la loi, shérif ou marshall, est une figure de proue du genre : l’archétype en est Chance de Rio Bravo (Howard Hawks). La légitime défense joue un rôle considérable et l’habileté aux armes est une nécessité pour faire respecter la loi. Wyatt Earp, le douteux représentant de l’ordre à Tombstone, figure dans un très grand nombre d’œuvres plus ou moins inspirées. Nombre de ces représentants de l’ordre ne sont en effet pas au-dessus de tout reproche et le genre offre une large palette de shérifs veules, corrompus, alcooliques ou impuissants.


Le western hors d’Hollywood

  • Le western français : à l’époque du muet.
  • Le western allemand : adaptation des romans de Karl May.
  • Le western italien dit western spaghetti : Sergio Leone est le seul réalisateur de premier plan. Curieusement, les films italiens utilisent ce genre si américain pour délivrer un message anti-américain. Le succès passager du western italien est lié à la crise du western américain et tout en paraissant accélérer la mort du genre contribue à donner naissance à la carrière de Clint Eastwood.
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