Tableau

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Un tableau est une prise de vue d'un seul jet, embrassant la totalité d'un décor peint ou naturel. Le terme fait référence tout autant à la peinture qu'à l'univers du théâtre, du music-hall (voyez par exemple les films de Georges Méliès ci-dessous, le Magicien (1904) et L'Homme-orchestre (1900), qui ne sont rien d'autre que des numéros de music-hall conçus et présentés avec des moyens techniques qui permettent des effets spéciaux surprenants).




Le tableau constitue un dispositif scénique extrêmement rigide : la caméra adoptait le point de vue d'un spectateur placé au premier rang. L'échelle des plans n'est pas employée, alors qu'elle l'est dans la vue.


Assez vite on commença à assembler des tableaux.

Ferdinand Zecca, Histoire d'un Crime (1901)


Mais la rigidité de conception de ces derniers empêchait la conception du raccord, ce qui entraînait quelques difficultés narratives.


Dans son film de 1902, Le Voyage dans la Lune, Georges Méliès est contraint de montrer deux fois l'arrivée sur le sol lunaire, une fois de l'espace (03:55), une fois depuis le sol (04:00), pour que les spectateurs comprennent.


De la même manière, à la fin de son film, pourtant très novateur, La Vie d'un Pompier américain, Edwin S.Porter montre successivement en deux tableaux, l'intérieur d'une chambre et l'extérieur d'un immeuble en feu. Dans les deux tableaux une femme et un enfant sont successivement sauvés puis les pompiers entrent dans l'immeuble pour éteindre le feu. En somme le spectateur voit deux fois la même chose.

Toute l'œuvre de D. W. Griffith sera consacrée au passage du tableau au plan, et ce faisant il inventera les principes du montage et le cinéma tel que nous le connaissons encore aujourd'hui.

Néanmoins le tableau survit dans le cinéma jusqu'à aujourd'hui. Voir par exemple l'œuvre de Serguei Paradjanov.


Corrélats : Vue | Plan |

Synonymes/Anglais :

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