John Ford

Un article de LexiqueCinema.

John Ford (Cape Elizabeth p. Portland, Maine, 1er février 1894 – Palm Desert, Californie, 31 août 1973) est un des plus grands réalisateurs de l'âge classique d'Hollywood. Il est traditionnellement considéré comme le maître du western.


Biographie

Issu d'une famille d’immigrants irlandais il s'appelle son vrai nom, John Martin Feeney. Son frère, acteur et réalisateur avant lui, avait adopté le nom de Francis Ford. Il débute donc comme assistant de son frère. Il remplace au pied levé un réalisateur absent en 1917 : son premier contrat lui accorde 125 $ par semaine. Son second contrat à la Fox : 600 $ en 1921. Son troisième contrat : 2500 $ par semaine en 1928. Il va réaliser plus de 150 films de 1917 à 1966 : 54 ont totalement disparu.

  • 1917-1921 : période Universal. 41 films (3 seulement ont été conservés). Il est spécialisé dans le western.
  • 1922-1931 : période Fox. Il pratique des genres divers.
  • 1931-1941 : il tourne pour divers studios
  • 1941-1945 : il participe à diverses missions pour le gouvernement, réalisant des films documentaires sur les opérations militaires.
  • 1945-1956 : apogée de la carrière de réalisateur, il tourne ses meilleurs westerns.
  • 1957-1966 : un déclin progressif.


Le style et l'univers de Ford

« Les producteurs, dit-il, ne connaissent rien à la fabrication des films. Et c'est pour ça que je tourne mes films de façon telle qu'ils ne puissent être montés que d'une façon. Ils entrent dans la salle de montage et disent ; «  Bon, collons un gros plan ici. » Mais il n'y en a pas. Je n'en ai pas tourné. » (Positif n°64/65, rentrée 1964).

Il tourne peu de plans et peu de prises par plan. Nombre moyen de prises par plan = 2,5. Il est un cinéaste de la communauté : le héros fordien est au service de la collectivité et dans son univers chacun doit remplir son rôle à la place qu'il occupe. Les personnages trop individualistes et solitaires, le colonel Thursday de Fort Apache ou Nathan, le héros de The Searchers, sont présentés négativement. Il est aussi le cinéaste des gens ordinaires, des petites gens, de la vie quotidienne. La plupart de ses westerns de l'époque du parlant ont été tournés dans le cadre impressionnant de Monument Valley.

S'il incarne la perfection du western classique, son regard n'est pas nécessairement optimiste ou naïf sur la réalité de l'Ouest. Dans certains films, il souligne combien la légende a supplanté la réalité : c'est le sens de la conclusion de Fort Apache et toute l'intrigue de The Man Who Shot Liberty Valance repose sur ce principe. Il donne souvent une image nuancée des Indiens dont il expose le point de vue : son dernier western devait être consacré à la triste condition des Cheyennes à la fin de la conquête de l'Ouest.

Principaux westerns

  • 1917 : Straight shooting (Ranch Diavolo), son premier long métrage.
  • 1924 : The Iron Horse (Le cheval de fer), une superproduction sur la construction de la ligne transocéanique avec George O’Brien dans le rôle principal.
  • 1926 : Three Bad Men (Trois sublimes canailles) : un thème repris en 1948
  • 1939 : Stagecoach (La chevauchée fantastique), le film qui fait de John Wayne une vedette.
  • 1939 : Drums along the Mohawks (Sur la piste des Mohawks) : son premier film en technicolor
  • 1946 : My Darling Clementine (La Poursuite infernale), le meilleur film avec Henry Fonda.
  • 1948 : Fort Apache (Le massacre de Fort Apache), la réunion Fonda/Wayne
  • 1948 : Three Godfathers (Le Fils du désert), trois bandits recueillent un bébé dans le désert
  • 1949 : She Wore a Yellow Ribbon (La charge héroïque) en technicolor
  • 1950 : Wagon Master (Le Convoi des braves), sur les Mormons.
  • 1950 : Rio Grande, le dernier volet de la trilogie de la cavalerie.
  • 1956 : The Searchers (La prisonnière du désert) : le plus beau rôle de John Wayne.
  • 1960 : Sergeant Rutledge (Le Sergent Noir) : un western antiraciste.
  • 1961 : Two Rode Together (Les deux cavaliers) : réunit James Steward et Richard Widmark
  • 1962 : The Man Who Shot Liberty Valance (L’homme qui tua Liberty Valance)
  • 1964 : Cheyenne Autumn (Les Cheyennes) : dernier western
Outils personnels