Horreur
Un article de LexiqueCinema.
Registre dans lequel l'effet recherché est de faire dresser les cheveux sur la tête (c'est le sens étymologique) du spectateur.
La différence essentielle avec le registre fantastique est que le surnaturel n'intervient pas forcément, et que, quand c'est le cas, aucun doute ne subsiste sur la réalité des faits anormaux qui se produisent. Il ne s'agit pas de l'angoisser, de créer un malaise, mais d'agresser le spectateur dans ses terreurs intimes, de le faire hurler de frayeur.
Exemples
- Une apparition venait de surgir au milieu des eaux agitées. Deux yeux sombres me regardaient sous le crane chauve. Rogette recrachait l'eau entre des lèvres aussi violacées que des prunes. Elle tendait péniblement un bras vers moi. Le doigts s'ouvraient… se refermaient… s'ouvraient… se refermaient. Je m'agenouillai et lui pris la main. Celle-ci se referma sur la mienne avec une poigne de fer et tira, essayant de m'entraîner dans l'eau. Les lèvres violacées s'écartèrent sur un sourire tout en grandes dents jaunes, comme celles du crane de Sara […]
Je me raidis, calé par mes genoux, et tirai à mon tour. J'agis sans réfléchir, par pur instinct. Je pesais plus de quarante kilos qu'elle et elle sortit aux trois quarts du lac, telle une truite gigantesque, monstrueuse. Elle poussa un hurlement, se jeta sur moi et enfonça ses dents dans mon poignet. La douleur fut immédiate et intolérable. J'abattis mon autre bras sur elle, non pas pour lui faire mal, mais simplement pour me débarrasser de de cette gueule de belette. Une nouvelle vague vint heurter la jetée à demi submergée. Une planche cassée se souleva et vint empaler la tête de Rogette qui allait à sa rencontre. Un œil creva, un éclat effilé de bois s'enfonça comme une dague dans une de ses narines, la peau tendue de son front se fendit en deux parties qui se détachèrent de l'os comme deux stores dont le mécanisme se rompt. Puis le lac l'emporta. Je vis la topographie ravagée de son visage encore un instant, tournée vers le ciel et sa pluie torrentielle, aussi blême que la lumière d'un néon. Finalement, le corps roula sur lui-même, entortillé dans le linceul noir et brillant de son imperméable en vinyl.
Moyens cinématographiques mis en œuvre
- Le gore (afflux de sang) est un des moyens du registre de l'horreur.
- Le point de vue du criminel, de la bête, en caméra subjective.
- Les mêmes thèmes que le fantastique, mais avec une violence plus extérieure, plus marquée :
- massacres collectifs ou en série
- présence diabolique marquée
- Musique assez lente, en nappes.
- Effets sonores brutaux
- Personnages
- serial killers
- morts-vivants : zombies ou momies.
- vampires et loups-garous
- monstres divers
Divers
Corrélats : Film d'horreur | Gore | Fantastique |
Synonymes/Anglais :
Etymologie : du latin horror, hérissement, frissonnement, frisson d'effroi, peur, horreur sacrée

