Film noir
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Cette expression française a été utilisé par le critique Nino Franck en 1946 et reprise ensuite par les Américains. Le terme fait référence à la Série Noire : une collection de romans policiers publié par Gallimard. Le film noir est un genre difficile à définir, souvent confondu avec le film policier dont il relève partiellement.
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Les sources du Film noir
- Littérature : romans policiers américains des années ‘20/‘30. Récit rapide souvent à la première personne, volonté documentaire, violence. Dashiell Hammet (The Maltese Falcon, 1930), James M. Cain (The Postman Rings always Twice, 1932), Raymond Chandler (The Big Sleep, 1939)
- L'Expressionnisme allemand : atmosphère cauchemardesque qui débouche sur un cinéma plus réaliste et documentaire avec M de Fritz Lang avec Peter Lorre, tous deux vont être des figures du film noir hollywoodien
- Cinéma français des années 30 : les films de Jean Renoir (La Bête humaine) et de Julien Duvivier (Pépé le Moko) avec leur climat pessimiste. Influence de l’interprétation de Jean Gabin sur les acteurs américains du Noir (jeu tout intérieur) : il joue la victime du destin, thème récurrent du film noir, chez Renoir et Duvivier mais aussi chez Marcel Carné (Quai des Brumes, Le Jour se lève) caractéristique du réalisme poétique.
- Le film de gangsters des années 30 : The Public Ennemy (1931) de William Wellmann avec James Cagney, Scarface (1932) de Howard Hawks avec Paul Muni et The Roaring Twenties (1939) de Raoul Walsh avec Cagney.
- Un prototype du film noir : The Maltese Falcon (1941) de John Huston avec Humphrey Bogart qui crée un personnage de détective cynique.
Le cycle noir américain 1944-1959
- Initiés par des cinéastes venus d’Europe centrale : Laura d’Otto Preminger, Double Indemnity de Billy Wilder ou The Woman in the Window de Fritz Lang. Rues sombres, pulsions de folie meurtrière, couple maudit.
- Il se développe dans la crise de l’après-guerre (réinsertion des anciens combattants) et la guerre froide (anticommunisme, peur de l’apocalypse nucléaire).
- C’est un cinéma du cauchemar, du malaise et du trouble qui imprègne tous les genres du film hollywoodien : le thriller, mais aussi la science-fiction (Body Snatchers (1956) de Don Siegel) voire le film historique (The Tall Target (1951) d’Anthony Mann, Moonfleet (1955) de Fritz Lang) et surtout le western, genre le plus proche du film noir : justicier solitaire, corruption, sauvagerie, mégalomanie (My Darling Clementine 1946 de John Ford, Winchester 73 (1950) d’Anthony Mann).
- Acteurs fétiches : Humphrey Bogart dans The Big Sleep (Howard Hawks, 1946) Richard Widmark (The Street with No Name, La Dernière rafale, de William Keighley) ; Robert Mitchum ; James Cagney (White Heat, l’Enfer est à lui, de Raoul Walsh, 1949)
Icônes féminines : Barbara Stanwick, Gene Tierney, Veronika Lake, Lauren Bacall, Rita Hayworth (Gilda)
Caractéristiques du Film noir
Elles sont difficiles à définir car il existe une grande diversité dans le film noir.
- Décor urbain avant tout (avec des exceptions fort nombreuses cependant) : Los Angeles, San Francisco, New York et Chicago. La ville est le lieu du crime et de la décadence morale (on y voit surtout les bars, les night clubs, les salles de jeux, les hôtels borgnes, les salles d’entraînement des boxeurs) par opposition à la campagne ou à la petite ville. C’est aussi un lieu labyrinthique avec ses entrepôts, ses dépôts et ses usines, lieu des trafics et des règlements de comptes.
- Des séries B en Noir et Blanc. Importance des ambiances nocturnes, voire de la pluie.
- Rôle de l’éclairage et de la photographie qui accentue le clair obscur avec une partie des visages et des corps plongés dans l’ombre : le noir et blanc convient plus particulièrement au Noir (héritage expressionniste). Cadrages : angle oblique, contre-plongée, courtes focales. Rôle des miroirs et des lunettes, des déformations.
- Les histoires sont rarement linéaires : retour en arrière voire retour en avant.
- Atmosphère de sourde angoisse et de cauchemar : caractère onirique est une dimension essentielle du film noir. D’où l’importance aussi du thème de l’amnésie.
- Des personnages ambigus et complexes, des détraqués et des désespérés. Influence de la psychanalyse.
- Les personnages typiques (mais non obligatoires) : le détective privé violent et alcoolique (mais il est moins présent que l’on ne le pense), la femme fatale, le policier corrompu, le mari jaloux, l’agent d’assurances, l’écrivain médiocre, le gangster
- Importance des seconds rôles pittoresques et souvent inquiétants.
- Utilisation fréquente de la voix off : rarement un narrateur, le plus souvent le héros de l’histoire.
- Le dénouement est souvent ambigu en raison du pessimisme du genre : il y a peu de happy end (même si le code de moralité exige la punition des criminels), un ton souvent désespéré. Ce qui n’empêche l’humour occasionnel et le caractère brillant des dialogues de certains films noirs : Laura, The Big Sleep par exemple.
Quelques grands classiques du film noir
- 1941 : The Maltese Falcon (Le Faucon Maltais) de John Huston avec Humphrey Bogart
- 1944 : Double Indemnity (Assurance sur la mort) de Billy Wilder
- 1944 : Laura de Otto Preminger
- 1945 : The Woman in the Window (La femme au portrait) de Fritz Lang
- 1946 : The Big Sleep (le Grand sommeil) de Howard Hawks avec H. Bogart et Lauren Bacall
- 1946 : Out of the Past (La Griffe du passé) de Jacques Tourneur avec Robert Mitchum
- 1946 : Gilda de Charles Vidor avec Rita Hayworth et Glenn Ford
- 1951 : Strangers on a train (L’Inconnu du Nord-Express) de Alfred Hitchcock
- 1955 : Kiss me Deadly (En quatrième vitesse) de Robert Aldrich
- 1958 : Touch of Evil (La soif du mal) de Orson Welles avec Charlton Heston
- 1958 : Vertigo d’Alfred Hitchcock avec James Stewart
Le film noir hors des Etats-Unis
- 1943 : Ossessione de Luchino Visconti
- 1947 : Quai des orfèvres de Henri-Georges Clouzot avec Louis Jouvet
- 1950 : Night and the City (Les Forbans de la nuit) de Jules Dassin avec Richard Widmark
- 1954 : Touchez pas au grisbi de Jacques Becker avec Jean Gabin
- 1955 : Du rififi chez les hommes de Jules Dassin avec Jean Servais
- 1961 : Plein Soleil de René Clément avec Alain Delon
- 1962 : Le Doulos de Jean-Pierre Melville avec Jean-Paul Belmondo
Le Néo-Noir
- Influence du film noir chez de nombreux réalisateurs des années 60-70 : Jean-Luc Godard, Roman Polanski, Martin Scorsese.
- Mais aussi des années 80-90 : les frères Coen, David Lynch, Quentin Tarantino
Divers
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