Ecrit sur du vent
Un article de LexiqueCinema.
- Titre original : Written on the Wind
- Réalisation : Douglas Sirk
- Sortie: États-Unis décembre 1956 - France janvier 1957
- Genre: Mélodrame
- Format :
- Image : 1.78:1 - Couleur (Technicolor)
- Son : Mono (Westrex Recording System)
- Durée : 99 minutes
- Oscar 1957 du meilleur second rôle féminin pour Dorothy Malone
Sommaire |
Équipe technique
- Production : Albert Zugsmith
- Société de production : Universal Pictures
- Scénario : George Zuckerman d'après le roman de Robert Wilder
- Musique : Frank Skinner - Chanson-titre de Victor Young interprétée par The Four Aces
- Directeur de la photographie : Russell Metty
- Montage : Russell F. Schoengarth
- Directeur artistique : Robert Clatworthy et Alexander Golitzen
- Costumes : Bill Thomas et Jay A. Morley Jr.
Distribution
- Rock Hudson : Mitch Wayne
- Lauren Bacall : Lucy Moore Hadley
- Robert Stack : Kyle Hadley
- Dorothy Malone : Marylee Hadley
- Robert Keith : Jasper Hadley
- Grant Williams : Biff Miley (pompiste)
- Robert J. Wilke : Dan Willis (propriétaire du bar)
- Edward Platt : Dr. Paul Cochrane
- Harry Shannon : Hoak Wayne
- John Larch : Roy Carter
- Roy Glenn : Sam (maître d'hôtel)
- Maidie Norman : Bertha (sa femme)
Synopsis
Fils d'un roi du pétrole texan, Kyle Hadley est gravement alcoolique. Il tombe amoureux de Lucy Moore, sa nouvelle secrétaire, qui a également conquis le cœur de son meilleur ami, le géologue Mitch Wayne. Marylee Hadley, la sœur de Kyle, nymphomane dont l'inconduite déclenchera chez son père un infarctus fatal, est amoureuse de Mitch, mais il la rejette. Lucy accepte d'épouser Kyle, avec l'espoir de le guérir de son alcoolisme, et cela réussit dans un premier temps. Mais ce dernier apprend par le médecin de famille qu'il y a peu de chances qu'il puisse avoir un enfant, et il retombe dans ses excès. Or Lucy est enceinte. Persuadé, suite aux suggestions de Marylee, que l'enfant est de Mitch, Kyle frappe violemment sa femme, qui fait une fausse-couche. Lors d'une scène paroxystique, Kyle veut tuer Mitch, mais Marylee, en tentant de l'en empêcher, blesse mortellement son frère. Mitch est accusé du meurtre, mais Marylee, après une tentative de chantage, l'innocente finalement et reste seule dans son palace, tandis que Mitch et Lucy s'en vont.
Quelques plans
Analyse
Certes il s'agit d'un mélodrame (et l'on n'est pas loin du soap opera), mais seulement en apparence. L'opposition entre les bons faibles et les méchants puissants est là, avec son cortège de scènes violentes ; et le couple destiné l'un à l'autre se réunit à la fin. Néanmoins ce couple est sans intérêt : il unit deux personnes parfaites, sans faille, Mitch et Lucy. Le frère et la sœur Hadley sont mille fois plus intéressants et, malgré ce que dit l'Oscar de Dorothy Malone, c'est Marylee le personnage principal, la seule qui accomplit un destin dans cette tragédie.
Certes une critique sociale profonde imprègne ce film : l'Amérique des bâtisseurs est entre les mains de leurs enfants impuissants. Mais c'est essentiellement les individus qui intéressent Sirk, et comment ils sont broyés. Souvenons-nous que le titre d'un autre de ses films, Tout ce que le Ciel permet, qui avait tant plu aux studios par son optimisme, signifiait en fait pour lui « pas grand chose ». Le fin ironiste qu'il était, qui savait envelopper son désespoir dans la somptuosité de son Technicolor se révèle ici plus que jamais. C'est de mort qu'il est question ici, les couleurs nous le disent : vaporeuses et bleutées, oniriques d'abord, elles acquièrent vite la vivacité du désir violent, pour enfin virer de plus en plus au sombre, au noir au fur et à mesure que l'action avance.
Notons que la séquence générique, qui résume en quelques plans la scène paroxystique, mais avec suffisamment d'ellipses et en laissant assez de doutes sur la situation dont l'exposition est encore à venir, pour qu'elle soit incompréhensible, est une des plus belles de tout le cinéma.









